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Ennio, enfant, est poussé à jouer de la trompette par son père, allant contre son rêve de devenir médecin. Son parcours et son goût pour le cinéma font de lui l’un des génies de la musique de film. Portrait d’un grand maître de la musique, raconté par lui-même, puis par tous ceux qui l’ont côtoyé. Giuseppe Tornatore propose un pari risqué avec ce film: un documentaire de plus de deux heures trente sur un compositeur de musique de film, le tout sous un format très classique, face caméra, ponctué d’images d’archives, de témoignages et bien évidemment de musique. Si le récit se veut linéaire et sans grand relief, l’objet de ce film est tout à fait extraordinaire. Le parcours d’Ennio Morricone, la construction de son œuvre incarnent bien un sujet de cinéma, avec une émotion que l’on ne pouvait soupçonner. Une des prouesses du film est bien de nous permettre d’accéder à l’intimité du Maestro, ses doutes, ses fêlures, ses grandes fiertés aussi. Tout au long de sa carrière, il a attendu la reconnaissance de l’Académie des Oscars, qu’il ne parvient à obtenir qu’à travers un Oscar d’honneur en 2010, après quarante-cinq ans de travail prolifique. Il remportera un Oscar pour la meilleure musique de films à quatre-vingt-sept ans, pour Les huit salopards de Quentin Tarantino. Il était alors plus que temps pour lui d’être enfin reconnu par ses pairs. Le film touche du doigt et avec une grande sensibilité le dilemme de tout artiste: celui qui devient populaire grâce à son travail s’éloigne-t-il de la pureté de sa discipline? Ennio Morricone a été tiraillé toute son existence par cette question: la musique de film vaut-elle une composition classique, destinée à être écoutée uniquement pour elle-même? Le Maestro a résolu cette équation en donnant ses lettres de noblesse à la musique du film, en rendant ses compositions essentielles aux réalisations des plus grands, de Sergio Leone bien sûr, mais aussi Pier Paolo Pasolini, Henri Verneuil, John Carpenter, Roland Joffé, Biran De Palma et tant d’autres. Pour Giuseppe Tornatore, il avait signé la musique de Cinéma Paradiso. Et c’est bien là ce qui fait de lui un artiste: Morricone ne cesse jamais de laisser une signature, une originalité reconnaissable parmi mille autres et surtout un sens aigu de la mélodie qui sera encore plus entêtante que l’image de n’importe quel réalisateur. Arrivé à la composition après avoir été poussé par son père à une carrière de trompettiste, qui ne le satisfaisait pas vraiment, Morricone conserve toute sa vie un attachement profond au jugement de ses pairs mais surtout à celui de son professeur, Goffredo Petrassi, dont il admire son goût pour sortir des sentiers battus. Il s’en inspire pour donner une teinte minimaliste à sa musique, préférant la simplicité à l’austérité, la singularité à l’abondance, la rigueur du son à la symphonie. Il compose dans une fièvre presque enfantine, râlant après les réalisateurs qui ne retiennent pas ce qu’il considère comme de meilleures œuvres, et faisant de son épouse, Maria, sa première auditrice. C’est elle l’oreille qui décide de la sortie au monde ou non d’une œuvre de son mari, discrète mais décisive. Morricone ne manque pas non plus de livrer cet aspect de sa vie dans ce documentaire: c’est un homme fidèle, à ses valeurs, ses principes, son Italie et son foyer. Il fait avant tout jouer ses œuvres par son orchestre car il lui est aisé de diriger en italien, continue à composer malgré les demandes pour le groupe d’improvisation créé dans ses jeunes années, et préfère retourner à Rome pour composer plutôt que d’embrasser une carrière plus alléchante aux États-Unis. À l’image de Morricone, le film se veut discret mais fier, en tentant d’être le plus exhaustif possible sur la carrière du génie, telle qu’il veut bien nous la livrer. La fascinante fragilité d’un homme, géant de la musique, qui dans son héritage témoigne de l’essentiel: l’émotion.
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